ADL suisseDébut mai, on pouvait penser à une candidature Qatarie, mais les 19 et 20 juin, plusieurs médias (Le Progrès , France 3 Rhône-Alpes et Enviscope) apportent de nouveaux éléments concernant la privatisation d'Aéroports de Lyon (ADL : Saint-Exupéry et Lyon-Bron).
C'est Enviscope qui résume le mieux la situation :

Aéroports de Lyon : la CCI de Lyon prête à une participation de l'aéroport de Genève

Ce qu'aucun média ne dit, c'est que l'aéroport de Genève est saturé. Déjà en mai 2013 sur AINonline, M. Didier Pianelli, nouvellement nommé directeur général de Lyon Bron annonçait :

Genève a peu d'espace de stationnement, et nous sommes l'alternative avec 17 places de parking en plein air pour le trafic de passagers

Mais si ADL accepte que Genève utilise l'aéroport de Bron, ce n'est pas seulement pour ses places de parking. Voici ce que FBO Profile, indiquait en novembre 2013 à propos de Lyon-Bron :

l'aéroport est stratégiquement situé pour être utilisé comme plaque tournante vers des centres plus reconnus d'aviation d'affaires comme Genève [...]

Privatisation d'Aéroports de Lyon et participation de Genève Aéroport :
pourquoi craindre l'augmentation des vols de nuit ?

Et il ne s'agit pas que des stations de ski qu'on peut rejoindre en hélicoptère. L'aviation d'affaires intègre un point beaucoup plus préoccupant : les vols de nuit. Toutes les associations de riverains de Lyon-Bron demandent leur interdiction (sauf pour les vols sanitaires). Mais ADL refuse toute concession sur ce sujet. L'aéroport cache ses ambitions derrière le faible nombre de vols d'affaires de nuit enregistrés pour le moment. Ce faisant, il continue de faire la publicité de sa formidable absence de contraintes horaires.
Alors, avec l'éventuelle participation de Genève dans le capital d'Aéroport de Lyon, pourquoi doit-on craindre l'augmentation des vols de nuit ?
Le 31/03/2015, sur le site suisse 24heures.ch, Robert Deillon, directeur général de Genève Aéroport apporte une réponse très claire :

Quant aux vols de nuit, ils sont interdits en Suisse entre minuit et cinq heures et ceci ne changera pas. Nous n’utilisons même pas la tranche horaire entre 5h00 et 6h00. Les avions qui arrivent trop tard sont régulièrement déroutés vers des plateformes en France, où il n'y a pas de couvre-feu.

Si seulement, l'aéroport de Bron pouvait apporter autant de garanties pour protéger le sommeil de ses riverains !

Il n'y a pas de quoi rire. Les intentions de Genève Aéroport sont claires : du moment que l'argent continue de rentrer dans ses caisses et que les Suisses dorment tranquilles, il n'aura aucun scrupule à nuire au sommeil de l'agglomération Lyonnaise.

 

UN TEL PLAN DE DÉVELOPPEMENT POUR LYON-BRON SERAIT INACCEPTABLE !
L'Est de Lyon-Métropole n'a pas vocation à recevoir les nuisances interdites ailleurs !
Les riverains du Grand-Lyon-EST en ont déjà plus qu'assez :

 

Ils ne bénéficient toujours pas de la protection que le décret hélicoptère de 2010 devrait leur apporter contre les baptêmes de l'air. Aujourd'hui, ils voient ces vols circulaires de moins d'une heure se multiplier et se succéder toutes les 5 minutes, le midi, en début de soirée, le week-end ...
De même pour les vols de nuit : un couvre-feu horaire est en place dans la majorité des aéroports Européens. Mais on refuse toujours d'aborder cette question pour l'aéroport de Bron.

VU LES MENACES LIÉES A LA PRIVATISATION D'ADL, IL EST URGENT QUE NOS ÉLUS ET NOS ADMINISTRATIONS PRENNENT LEUR RESPONSABILITÉS,
QU'ILS FASSENT APPLIQUER CE QUI, LÉGITIMEMENT, DOIT LIMITER LES NUISANCES DES HÉLICOPTÈRES A L’AÉROPORT DE BRON
ET QU'ENFIN ILS LÉGIFÈRENT POUR EMPÊCHER L'AUGMENTATION DES VOLS DE NUIT A BRON AFIN DE PROTÉGER LA SANTÉ DES RIVERAINS.

Si Genève devait contrôler les aéroports de Lyon, la CCI de Lyon serait-elle responsable ? Ou irresponsable ?

Visiblement, Emmanuel Imberton, président de la CCI de Lyon, s'intéresse moins à la santé des riverains qu'à l'augmenter du trafic (et donc des nuisances) des aéroports de Lyon. Dans l'article du Progrès « Privatisation de Lyon-Saint-Exupéry : l’aéroport de Genève prêt à participer », il commente :

nous sommes convaincus que l’ouverture du capital des Aéroports de Lyon constitue une opportunité majeure pour accélérer le développement des plateformes de Lyon-Saint-Exupéry et de Lyon-Bron.

Déjà, en février 2015, il annonçait ...

Nous ne nous interdirons rien et n'hésiterons pas à soutenir un projet industriel ambitieux [...]

On peut le croire. La CCI de Lyon ne s'interdit rien ! Laisser le canton de Genève décider de la qualité du sommeil (et donc de la santé) des habitants de l'Est lyonnais, cela lui convient !
Et ne comptons pas sur la CCI pour aider les autorités compétentes de France à conserver leurs prérogatives en matière de régulation du trafic aérien. En février 2015 déjà, monsieur Imberton n'hésitait pas à brocarder le ministre de l’Économie et de l'Industrie, ainsi que la DGAC, sur un sujet qui est pourtant de son ressort (l'ouverture de nouvelles lignes à Lyon Saint-Exupéry).

Et la Métropole de Lyon ... est-elle prête à prendre ses responsabilités ?

D'après Le Progrès  :

Gérard Collomb, lui, semble beaucoup moins ravi que la CCI à l’idée de voir l’aéroport de Genève s’intéresser à Aéroports de Lyon. « S’ils veulent entrer dans le capital pourquoi pas », lâche sans conviction le maire de Lyon qui, clairement, ne souhaite pas que le voisin et rival genevois puisse prendre le contrôle de Saint-Exupéry.

Nous comprenons cette retenue, mais nous apprécierions que Le Progrès n'oublie pas de mentionner qu'avec la privatisation d'ADL, l'aéroport Lyon Bron est également concerné.
Aussi, nous pensons que lorsqu'on veut « clairement » désapprouver un projet, il y a des mots plus clairs que « pourquoi pas ». Si le maire de Lyon et président de Lyon-Métropole ne souhaite vraiment pas que « Genève Aéroport » prenne le contrôle des aéroports de Lyon, nous l'encourageons donc à exprimer plus fermement son opposition.

Privatisation ou ingérence étrangère ?
Des responsabilités à prendre au niveau national

Il faut garder à l'esprit que Genève Aéroport, établissement public autonome, est propriété du canton de Genève, actionnaire unique (source : France 3 Rhône-Alpes).
Si le canton de Genève (circonscription administrative étrangère, hors de l'Union Européenne) acquiert le droit de gérer les deux aéroports de l'agglomération lyonnaise, il s'agit d'une véritable INGÉRENCE ÉTRANGÈRE dans les compétences de la Métropole de Lyon, collectivité territoriale française.

Sachant qu'aujourd'hui, ...

  • l'aéroport Lyon-Bron est enclavé dans une zone urbaine de haute densité de population déjà saturée de nuisances sonores,
  • la bonne application du code de l'environnement français n'est pas garantie à l'aéroport Lyon-Bron (cf: Décret n° 2010-1226 toujours en discussion),
  • aucune garantie n'a été accordée pour prévenir la Métropole de Lyon contre l'augmentation des vols de nuit à l'aéroport Lyon Bron, et qu'une telle augmentation menacerait sérieusement la santé des riverains,

... nous invitons nos responsables d'administration et nos élus, locaux, régionaux et nationaux à bien prendre toute la mesure du danger que la privatisation d'Aéroports de Lyon représente actuellement pour les intérêts sanitaires des territoires concernés.
Nous les encourageons à s'opposer au principe d'ouverture du capital d'ADL et à demander que celui-ci soit revu par le Sénat et rediscuté à l'Assemblée Nationale.

Quant à nous, simples riverains, tant que nous n'aurons pas obtenu de garanties assurant qu'ADL ne pourra exercer ses activités qu'en parfaite conformité avec le code de l'environnement français (Décret n° 2010-1226) et sans augmenter ses vols de nuit, nous resterons fermement opposés à l'entrée de tout investisseur privé, ou étranger, dans le capital d'Aéroports de Lyon.

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Participant à cette conversation

  • Bravo! Mais tous nos élus vont-ils sur "aeroportdebruit"??
    Cette histoire réveille chez moi des souvenirs de l'époque où je vivais à Annemasse, ville française toute proche de Genève. J'ai entendu de la part d'un frontalier de souche cette réflexion, au sujet d'un achat immobilier pour lequel je lui demandais conseil: "Mieux vaut un toit pourri qu'un droit de passage pour un suisse".
    La maison avait un toit parfait mais un droit de passage, au fond du jardin, pour la résidence secondaire d'un suisse... Je ne l'ai pas achetée!
    Faut-il maintenant, de toute urgence, vendre la mienne à Bron?