photo MARIBALes associations de riverains de l'est lyonnais demandaient l'application du "décret hélicoptère" depuis sa parution en 2010. Désormais, l'avis de la DGAC et de l'ACNUSA sont concordants et la question est tranchée : ce décret s'applique à l'aéroport Lyon-Bron de plein droit.
L'agglomération lyonnaise est enfin considérée comme une zone où il est légitime que soient appliquées des mesures spéciales pour limiter les nuisances aériennes.

Quel enseignement dans le cadre de la privatisation d'Aéroports de Lyon ?

Avec la privatisation annoncée d'ADL (à qui appartient l'aéroport de Bron),  cela nous permet d'espérer que la nécessité d'autres mesures soit enfin admise pour empêcher la prolifération des nuisances, notamment celles des vols de nuit.
Par exemple, un couvre-feu à l'aéroport Lyon Bron répondrait aux recommandations émises par l'ACNUSA depuis 2012. Cette solution est appliquée aux principaux aéroports européens, ce qui ne les empêche pas de se situer au premier rang.
Les riverains de la métropole de Lyon eux-aussi ont droit à une limitation des nuisances aériennes nocturnes !

Baptêmes de l'air et « Vols Panoramiques » en hélicoptère désormais interdits à l'aéroport Lyon Bron

Sont désormais interdits les circuits qui survolaient les mêmes habitations deux fois en six minutes, de façon répétée, pendant parfois 1h30.
En rendant ses conclusions, l'ACNUSA aurait déclaré que l'ensemble de la métropole de Lyon constitue par elle-même, en totalité, une zone de forte densité de population où ces vols sont interdits.

Courrier DGAC AzurH du 17 aout 2015Le Progrès du 20 septembre précise que la DGAC a écrit à la société Azur Hélicoptères pour lui demander de se mettre en conformité avec l'application du décret à Lyon-Bron : l'interdiction pour les hélicoptères de survoler les zones en forte densité lors de vols circulaires et vols avec escale de moins d'une heure.

Et maintenant ? Une dérogation ?

Dans son entrevue, le président d'Azur Hélicoptère annonce :

Je voudrais une dérogation. Je vais proposer de déclassifier une zone au sud-est de Bron du côté d'Eurexpo.

Cette déclaration de M. de Rohozinski va à l'encontre des conclusions de la DGAC et de l'ACNUSA qui considèrent que l'aéroport de Bron est situé en zone de forte densité de population.
Déclassifier une zone du côté d'Eurexpo pour qu'Azur Hélicoptère y effectue à nouveau des baptêmes de l'air, cela ajouterait des nuisances aériennes importantes et répétitives au niveau de Chassieu, une commune déjà fortement impactée et qui - elle aussi - est située à l'intérieur de la métropole de Lyon.
De plus, le survol répété d'Eurexpo poserait des problèmes de sécurité non négligeables.
Tout cela nous invite à penser qu'il serait parfaitement déraisonnable et donc improbable - nous l'espérons - qu'Azur Hélicoptère obtienne une telle dérogation.

Un historique et un démenti approximatifs

L'article du Progrès reprend aussi des propos que MARIBA avait communiqués au journal, notamment un bref historique des débats sur l'application du décret depuis 2010.
Un point mérite d'être corrigé/précisé dans le paragraphe suivant :

Fin 2013, la société (Azur Hélicoptère, ndlr), face aux demandes des riverains, avait accepté de faire des propositions d'aménagement. Mais leur expérimentation convenue sur un an n'a pas été concluante (1).
[...]
(1) Michel De Rohozinski dément

Avec cette formulation, il est difficile de savoir précisément ce que dément le président d'Azur Hélicoptère.
Dément-il la façon dont ces aménagements sont présentés dans l'article ?
Dans ce cas nous sommes d'accord, car les faits sont sensiblement différends : lors de la CCE de 2013, il a été demandé aux riverains d'accepter qu'Azur Hélicoptère propose des aménagements. Puis on a demandé aux riverains d'accepter que ces propositions soient expérimentées, ce qu'ils ont accepté à contre-cœur, car leur revendication a toujours été que le décret soit appliqué à l'aéroport de Bron.

Mais le démenti de M. de Rohozinski a peut-être un autre sens : affirmer que l'expérimentation de ses propositions a été concluante.
Dans ce cas, nous lui reconnaissons le droit d'avoir son propre avis sur cette question. Mais c'est à la DSAC et aux riverains qu'elle a été posée en réunion (en novembre 2014). La DSAC a répondu qu'elle refusait les procédures proposées par Azur Hélicoptère et les riverains qui se sont prononcés ont indiqué qu'ils n'ont pas trouvé concluante l'expérimentation qu'on leur avait demandé d'accepter.

Quoi qu'il en soit il convient à présent que le décret soit effectivement appliqué et que les baptêmes de l'air en hélicoptère à Lyon-Bron cessent d'être proposés à la vente.

La reconnaissance de l'applicabilité de ce décret et le fait que la DGAC et l'ACNUSA reconnaissent que l'aéroport de Bron est situé en zone de forte densité, sont des victoires encourageantes pour les riverains : l’État a enfin reconnu la légitimité de notre demande.
À présent, nous espérons qu'il entendra vite (avant la fin de la privatisation) notre appel pour des mesures protégeant l'agglomération lyonnaise contre la prolifération des nuisances aériennes nocturnes.

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